Une coopération vaudoise pour un coup de balai spatial

Mardi, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et Swiss Space Systems (S3) ont annoncé à Payerne un partenariat prometteur et novateur. En 2012, l’EPFL faisait part de son intention de concevoir et de lancer CleanSpace One, avec pour mission le nettoyage des déchets spatiaux. L’entreprise payernoise S3 créée ce printemps, s’est associée à ce projet. Pour rappel, S3 développe une nouvelle méthode visant à mettre sur orbite des satellites jusqu’à 250?kg, avec des Airbus et une navette réutilisable contenant les petits satellites. Elle aura justement pour mission d’envoyer dans l’espace le CleanSpace One, dès 2018. S3 injecte 15 millions de francs dans le projet.
«Les débris spatiaux sont des engins ou des parties de satellites qui n’ont plus de fonction dans l’espace. On compte quelque 15?000 à 20?000 débris situés dans l’orbite terrestre basse», explique l’astronaute Claude Nicollier, président du comité d’expert S3 et professeur à l’EPFL. Les collisions sont dangereuses et c’est un problème sérieux. Il faut intervenir à tout prix, sinon, d’ici à 2020 l’accès à l’espace deviendra extrêmement dangereux.»
CleanSpace One aura pour mission de s’emparer d’un déchet orbital – en l’occurrence un nanosatellite suisse hors d’usage de 10?centimètres de côté – et de le précipiter dans l’atmosphère où il se consumera. La difficulté de l’approche et de la saisie du déchet représente un formidable défi d’ingénierie.
Swiss Space Systems est le premier partenaire de ce projet. S3 se chargera elle-même de lancer CleanSpace One qui, du coup, deviendra, en 2018, le premier satellite mis en orbite suivant cette nouvelle méthode, typiquement suisse.
L’entreprise, installée à la zone industrielle de la Palaz, compte désormais 46 collaborateurs. «Nos premiers apprentis ont commencé cet été et des étudiants en master nous ont rejoints. Tout marche comme prévu», se réjouit Pascal Jaussi, CEO de S3.
S3 est en phase d’acquisition de quatre Airbus. Le dossier d’implantation du Spaceport sur l’Aéropôle avance, avec le solide espoir d’une première pierre au printemps prochain. «Nous allons aussi vous annoncer d’autres jolis contrats de lancement sous peu», sourit Pascal Jaussi.